Rassemblement de Europe Ecologie Les Verts, du Parti de Gauche, de Ensemble et du Nouveau Parti Anticapitaliste issu des élections municipales de 2014 à Poitiers
Nous voudrions profiter de cette délibération pour dénoncer les conditions de l’hébergement d’urgence à Poitiers. Car personne n’ignore que 50 personnes dorment dehors tous les soirs, hommes, femmes et enfants. Ce n’est pas acceptable. L’augmentation des places d’hébergement reste insuffisante, l’hébergement en hôtel est inadapté, coûteux, les personnes acceptées au 115 doivent quitter le Centre tous les matins et ne sont pas sûres de retrouver un hébergement le soir.
Le cadre du plan grand froid est cruel puisqu’il ne fournit un abri dans le gymnase des Écossais qu’à partir de -5°. Il existe dans la ville de nombreux logements vides qui pourraient être mis à la disposition du 115. Qu’attendons-nous pour dépasser le stade de l’impuissance et trouver une solution pérenne pour aider ces personnes à passer l’hiver ?
Et pour couronner le tout, Gérard Colomb propose une circulaire permettant d’envoyer des équipes mobiles constituées des agents de l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) et des préfectures pour contrôler la situation administrative des personnes hébergées dans ces accueils d’urgence afin de sortir du dispositif les personnes déboutées du droit d’asile ou dublinistes. C’est une façon de résoudre la saturation du parc d’hébergement… mais aussi contraire au principe d’accueil inconditionnel de toute personne en détresse.
Nous savons que le renforcement des mesures de contrôle dans les lieux d’hébergement va précariser encore plus les personnes dont des familles et des enfants, les éloigner des structures d’accueil en favorisant la constitution de squats.
Les élu-e-s Osons Poitiers ont voté pour cette délibération.
On ne peut parler « d’améliorer le quotidien des jeunes et de faciliter leur pouvoir d’agir », comme le dit la délibération, sans évoquer la situation des mineurs isolés étrangers, dramatique à bien des égards, dans notre ville comme ailleurs. Nous savons qu’il en a été question lors de ces assises et c’est une bonne chose que ça ne soit pas resté de l’autre côté de la porte de cette réflexion globale.
Et il semble bien que tout le monde est conscient de la nécessité d’agir sans attendre : il n’y a pas une journée sans que la presse ne fasse état des problèmes qui se posent. A raison, les solutions n’avançant pas. Si je ne reprends que le dernier 7 à Poitiers, nous pouvons y lire le rappel pertinent que le même sujet débouchait déjà sur le même constat d’une impasse il y a 3 ans, le seul changement constaté en 3 ans étant le nombre de jeunes concernés. On est aujourd’hui à 330 pour 2017 dans la Vienne, 80 pour le seul mois d’octobre. Et malgré la mobilisation exemplaire de citoyens organisés (Min’ de Rien) ou non qui permettent l’hébergement et le suivi d’un bon tiers d’entre eux et supplée l’insuffisance des moyens dégagés par l’État et organisés par le Département, des jeunes, tous les jours, dorment dans la rue, errent sans espoir de toit, encore moins de protocole d’insertion. Certains au moment de l’accueil du fait de l’insuffisance des structures, d’autres plus tard, repoussés par l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) au terme des entretiens de vérification de minorité dont nous savons la très relative fiabilité compte-tenu des parcours de beaucoup de ces jeunes, et leur difficulté à produire les preuves demandées.
Au bout du compte la même détresse que nous ne pouvons laisser sans réponse.
La loi dit le droit de ces jeunes : leur droit à un toit, leur droit à être accompagnés et protégés, leur droit à être éduqués. Ces droits ne sont pas respectés. C’est ce qui a motivé notre interpellation d’il y a quatre semaines quand nous vous avons lancé un appel, à vous, comme à d’autres élus du Département, où qu’ils se trouvent. Appel à ne pas botter en touche, à ne pas renvoyer le problème à ceux qui gèrent et qui décident. Appel à se mobiliser ensemble pour exiger d’eux, pour faire des propositions et surtout pour répondre à l’urgence. Nous avons reçu des réponses mais trop peu : un maire ici qui suggère de faire l’inventaire des locaux disponibles pour suppléer l’insuffisance de l’hébergement d’urgence, deux députés qui ont déclaré vouloir interpeller la préfète, une conseillère régionale. Au bout du compte, rien de concret, un statu-quo insupportable.
Nous découvrons que le comité de pilotage chargé de cette question à la préfecture n’a pas dans le tour de table de représentants des collectivités locales ni des associations. Qu’il ne se réunit que trois fois dans l’année, que la dernière réunion date de fin octobre et qu’il va donc être difficile de compter sur lui pour des solutions d’urgence.
Nous plaidons bien sûr pour que l’État aille au bout de ses responsabilités : c’est à lui d’assurer les droits de ces jeunes. Mais nous plaidons localement pour le devoir d’assistance : nous avons les moyens d’augmenter les capacités d’hébergement. Nous ne cessons de demander qu’on mette des locaux de côté susceptibles de répondre à ce besoin : nous avions suggéré la Maison des compagnons, nous demandons qu’on envisage cette possibilité pour la Traverse. Mais il doit bien y avoir d’autres solutions si on veut bien les regarder ensemble. Ce qui s’est passé la semaine dernière du côté de l’Université doit nous alerter : si nous ne faisons rien, d’autres trouveront de mauvaises solutions, des squats s’ouvriront dans des conditions pas forcément favorables. Nous avons la chance de voir dans notre ville naître un vrai réseau de solidarité ; relayons-le et sortons de nos habitudes et de nos clivages habituels : sur ce sujet nous pouvons œuvrer ensemble et sans arrière-pensées.
Cette intervention a fait l’objet d’ajouts lors du conseil et a été prononcée plus tôt lors de la délibération n°35. Les élu-e-s Osons Poitiers se sont abstenu-e-s sur cette délibération car elle est proposée au vote de l’assemblée après que l’évènement ait déjà eu lieu (rétroactivité).
Conseil municipal du 11 décembre 2017https://osonspoitiers.fr/conseil-municipal-du-11-decembre-2017/https://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/12/Conseil-municipal-du-11-décembre-2017-2-1024x768.jpghttps://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/12/Conseil-municipal-du-11-décembre-2017-2-150x150.jpgSecretariatOzonsConseil municipal
Hébergement d’urgence et migrants
Délibération n°35 (2017-0297) : Économie sociale et solidaire. Subvention de fonctionnement à l'Association Poitevine pour l'Alphabétisation et la Promotion des Travailleurs Immigrés et de leurs Familles pour l'année 2017 (MJ)
Nous voudrions profiter de cette délibération pour dénoncer les conditions de l’hébergement d'urgence à Poitiers. Car...
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<h1 style="text-align: justify;"><a name="_Toc503449826"></a>Hébergement d’urgence et migrants</h1>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2018/01/deliberation-n°35_conseil-du-11.12.2017.pdf" target="_blank" rel="noopener">Délibération n°35 (2017-0297) : Économie sociale et solidaire. Subvention de fonctionnement à l'Association Poitevine pour l'Alphabétisation et la Promotion des Travailleurs Immigrés et de leurs Familles pour l'année 2017 (MJ) </a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous voudrions profiter de cette délibération pour dénoncer les conditions de l’hébergement d'urgence à Poitiers. Car personne n'ignore que 50 personnes dorment dehors tous les soirs, hommes, femmes et enfants. Ce n'est pas acceptable. L'augmentation des places d'hébergement reste insuffisante, l'hébergement en hôtel est inadapté, coûteux, les personnes acceptées au 115 doivent quitter le Centre tous les matins et ne sont pas sûres de retrouver un hébergement le soir.</p>
<p style="text-align: justify;">Le cadre du plan grand froid est cruel puisqu'il ne fournit un abri dans le gymnase des Écossais qu'à partir de -5°. Il existe dans la ville de nombreux logements vides qui pourraient être mis à la disposition du 115. Qu'attendons-nous pour dépasser le stade de l'impuissance et trouver une solution pérenne pour aider ces personnes à passer l'hiver ?</p>
<p style="text-align: justify;">Et pour couronner le tout, Gérard Colomb propose une circulaire permettant d'envoyer des équipes mobiles constituées des agents de l'OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) et des préfectures pour contrôler la situation administrative des personnes hébergées dans ces accueils d'urgence afin de sortir du dispositif les personnes déboutées du droit d'asile ou dublinistes. C'est une façon de résoudre la saturation du parc d’hébergement… mais aussi contraire au principe d'accueil inconditionnel de toute personne en détresse.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous savons que le renforcement des mesures de contrôle dans les lieux d'hébergement va précariser encore plus les personnes dont des familles et des enfants, les éloigner des structures d'accueil en favorisant la constitution de squats.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les élu-e-s Osons Poitiers ont voté pour cette délibération.</em><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2018/01/deliberation-n°39_conseil-du-11.12.2017.pdf" target="_blank" rel="noopener">Délibération n°39 (2017-0298) : Attribution de subvention au Centre Régional Information Jeunesse (CRIJ) pour les Assises de la Jeunesse du 18 novembre 2017 (JA)</a> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">On ne peut parler « d'améliorer le quotidien des jeunes et de faciliter leur pouvoir d'agir », comme le dit la délibération, sans évoquer la situation des mineurs isolés étrangers, dramatique à bien des égards, dans notre ville comme ailleurs. Nous savons qu'il en a été question lors de ces assises et c'est une bonne chose que ça ne soit pas resté de l'autre côté de la porte de cette réflexion globale.</p>
<p style="text-align: justify;">Et il semble bien que tout le monde est conscient de la nécessité d'agir sans attendre : il n'y a pas une journée sans que la presse ne fasse état des problèmes qui se posent. A raison, les solutions n'avançant pas. Si je ne reprends que le dernier 7 à Poitiers, nous pouvons y lire le rappel pertinent que le même sujet débouchait déjà sur le même constat d'une impasse il y a 3 ans, le seul changement constaté en 3 ans étant le nombre de jeunes concernés. On est aujourd'hui à 330 pour 2017 dans la Vienne, 80 pour le seul mois d'octobre. Et malgré la mobilisation exemplaire de citoyens organisés (Min' de Rien) ou non qui permettent l'hébergement et le suivi d'un bon tiers d'entre eux et supplée l'insuffisance des moyens dégagés par l'État et organisés par le Département, des jeunes, tous les jours, dorment dans la rue, errent sans espoir de toit, encore moins de protocole d'insertion. Certains au moment de l'accueil du fait de l’insuffisance des structures, d'autres plus tard, repoussés par l'ASE (Aide Sociale à l’Enfance) au terme des entretiens de vérification de minorité dont nous savons la très relative fiabilité compte-tenu des parcours de beaucoup de ces jeunes, et leur difficulté à produire les preuves demandées.</p>
<p style="text-align: justify;">Au bout du compte la même détresse que nous ne pouvons laisser sans réponse.</p>
<p style="text-align: justify;">La loi dit le droit de ces jeunes : leur droit à un toit, leur droit à être accompagnés et protégés, leur droit à être éduqués. Ces droits ne sont pas respectés. C'est ce qui a motivé notre interpellation d'il y a quatre semaines quand nous vous avons lancé un appel, à vous, comme à d’autres élus du Département, où qu'ils se trouvent. <a href="https://www.change.org/p/vienne-86-mineurs-isol%C3%A9s-%C3%A9trangers-ne-bottons-pas-en-touche?utm_source=embedded_petition_view" target="_blank" rel="noopener">Appel à ne pas botter en touche</a>, à ne pas renvoyer le problème à ceux qui gèrent et qui décident. Appel à se mobiliser ensemble pour exiger d'eux, pour faire des propositions et surtout pour répondre à l'urgence. Nous avons reçu des réponses mais trop peu : un maire ici qui suggère de faire l'inventaire des locaux disponibles pour suppléer l'insuffisance de l’hébergement d’urgence, deux députés qui ont déclaré vouloir interpeller la préfète, une conseillère régionale. Au bout du compte, rien de concret, un statu-quo insupportable.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous découvrons que le comité de pilotage chargé de cette question à la préfecture n'a pas dans le tour de table de représentants des collectivités locales ni des associations. Qu'il ne se réunit que trois fois dans l'année, que la dernière réunion date de fin octobre et qu'il va donc être difficile de compter sur lui pour des solutions d’urgence.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous plaidons bien sûr pour que l'État aille au bout de ses responsabilités : c'est à lui d'assurer les droits de ces jeunes. Mais nous plaidons localement pour le devoir d’assistance : nous avons les moyens d'augmenter les capacités d'hébergement. Nous ne cessons de demander qu'on mette des locaux de côté susceptibles de répondre à ce besoin : nous avions suggéré la Maison des compagnons, nous demandons qu'on envisage cette possibilité pour la Traverse. Mais il doit bien y avoir d'autres solutions si on veut bien les regarder ensemble. Ce qui s'est passé la semaine dernière du côté de l'Université doit nous alerter : si nous ne faisons rien, d'autres trouveront de mauvaises solutions, des squats s'ouvriront dans des conditions pas forcément favorables. Nous avons la chance de voir dans notre ville naître un vrai réseau de solidarité ; relayons-le et sortons de nos habitudes et de nos clivages habituels : sur ce sujet nous pouvons œuvrer ensemble et sans arrière-pensées.<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Cette intervention a fait l’objet d’ajouts lors du conseil et a été prononcée plus tôt lors de la délibération n°35. Les élu-e-s Osons Poitiers se sont abstenu-e-s sur cette délibération car elle est proposée au vote de l’assemblée après que l’évènement ait déjà eu lieu (rétroactivité).
elus.osonspoitiers@mairie-poitiers.frAdministratorOsons Poitiers, écologique, sociale, solidaire et citoyenne
Osons Poitiers, écologique, sociale, solidaire et citoyenneRassemblement de Europe Ecologie Les Verts, du Parti de Gauche, de Ensemble et du Nouveau Parti Anticapitaliste issu des élections municipales de 2014 à Poitiershttps://osonspoitiers.fr2020