Rassemblement de Europe Ecologie Les Verts, du Parti de Gauche, de Ensemble et du Nouveau Parti Anticapitaliste issu des élections municipales de 2014 à Poitiers
Sur l’objectif général tel qu’il est énoncé par la loi, on ne peut qu’être d’accord. Qui irait contre le fait de « conforter les dynamiques citoyennes, de créer des espaces de propositions et d’initiatives ? » Cela fait partie de nos objectifs et cela rejoint notre vision de la démocratie dans la ville. Mais pour nous, la question est ailleurs : comment faire pour que ce dispositif, un de plus, ne soit pas qu’une coquille vide, ni, pire, ne serve d’alibi citoyen à des prises de décisions préalables, ce qui a trop souvent été le cas avec les conseils de quartier qui répondaient eux aussi à des objectifs législatifs qu’on ne pouvait qu’approuver.
C’est vrai qu’à Poitiers il y a une tradition de la démocratie participative qu’on peut faire remonter jusque dans les années 90. Et cela permet justement d’avoir des points de repère sinon de faire un bilan. Les situations sont diverses selon les quartiers : pour aller vite, il y a les formes les plus abouties de propositions et d’initiatives citoyennes, c’est ce qui a permis, par exemple, l’ouverture du centre de santé des Trois Cités à partir d’une mobilisation structurée de manière associative. On portait là un projet y compris en contradiction ou tout au moins en autonomie à côté du projet de rénovation du quartier. Nous sommes là avec un quartier qui a une histoire, une identité, dans lequel la solidarité et l’expression citoyenne trouvent à s’exprimer naturellement y compris dans le cadre institutionnel, dont la maison de quartier. Et puis, il y a les quartiers où ça se passe moins bien : si on regarde Poitiers Ouest, par exemple, l’actualité récente montre qu’on peine à se mettre d’accord sur l’utilisation du budget participatif, qu’on ne s’entend pas si bien que ça entre Comité de quartier et Conseil de quartier sur le projet commun de l’arbre citoyen et que la maison de quartier, en l’espèce, peine à jouer un rôle sur la démarche qui aurait peut-être permis de concilier plutôt que de confronter. On pourrait parler aussi de l’inquiétude exprimée récemment dans la presse du côté de la Gibauderie sur la représentativité d’un conseil de quartier qui intéresse peu et peine à mobiliser. Enfin, il faut regarder Beaulieu. La pénible affaire des platanes montre bien que la structure ne suffit pas à la mise en place d’une concertation, à la vie d’un dialogue. Le conseil de quartier se légitime en disant que tout citoyen est libre de participer, et que, s’il ne le fait pas, il accepte les décisions ; les citoyens en désaccord invoque le manque d’information sur la structure, l’absence de choix véritable qui y est proposé (c’est oui ou oui à une proposition préalable), voire sa confiscation par quelques-uns…
On voit bien que si on veut vraiment atteindre l’objectif fixé et ne pas se contenter de l’habillage citoyen de sa politique, il faut affronter sans faux-fuyant un certain nombre de questions. D’abord, pourquoi supprimer les structures de mobilisation quand elles existent ? On regrette suffisamment l’absence d’engagement citoyen pour éviter de retrancher quand on peut ajouter. Donc pourquoi supprimer un conseil de quartier d’autant que son périmètre n’est pas le même que le périmètre de compétence du futur conseil citoyen ? Il faut chercher la cohérence, c’est vrai entre les structures quand elles sont multiples, mais n’est-ce pas un des rôles naturels d’une maison de quartier que de rapprocher, faire se connaître, faire dialoguer, faire émerger la diversité des propositions ?
Ensuite, sur la constitution des futurs conseils, nous ferons une première remarque sur la limitation du nombre de personnes concernées : nous préférons toujours le « ouvert à tous » au « ouvert à quelques-uns ». Pour le tirage au sort, nous dirons pourquoi pas ? Mais la vraie question est : comment susciter l’envie et le besoin de participer ? Là encore, le rôle des maisons de quartier est primordial… On ne peut pas non plus éviter certaines questions : dans quelles conditions précises sera organisé le tirage au sort et par qui ? Que sera cet « acte de candidature formalisé » ? S’agit-il d’un modèle unique pour toute la ville ? La même question se pose pour les « associations et acteurs locaux » (avant d’être volontaires, comment seront-ils informés, notamment les entreprises présentes sur le quartier) ? Comment envisage-t-on concrètement l’appui des
« ressources des maisons de quartier » ? S’agira-t-il d’une subvention aussi faible que pour les conseils de quartier (qui est je crois d’environ 400 € par an) ?
Enfin, il faut interroger le dialogue lui-même. Si j’en reviens à l’affaire des platanes de Beaulieu, le conseil de quartier, le futur conseil citoyen, ne peut se contenter d’être le lieu où l’on vient expliquer une décision préalable, un lieu que l’on ferme lorsque la décision est contestée et que le citoyen annonce son intention de venir l’y contester comme ça a été le cas lors de la séance annulée à la suite de la manifestation du 15 février 2016. Si je change de contexte, il est intéressant de voir comment le Conseil de Développement Responsable (CDR) est mis en avant par la loi pour teinter de démocratie participative les futurs communautés urbaines et la manière dont il est traité localement lorsqu’il ne s’organise pas comme on le voudrait ou quand il remet un rapport et qu’on peine à en recevoir les auteurs.
Renouer le dialogue avec le citoyen me paraît être quelque chose d’important : c’est reconnaître toutes les mobilisations. Les arbres de Beaulieu nous rappellent furieusement le théâtre historique, affaire où la décision a complètement répondu à la logique de la démocratie représentative, décision en contradiction avec des engagements de campagne uniquement légitimée par le fait d’être aux responsabilités. La mobilisation de milliers de citoyens sur pétition, la mobilisation d’un collectif citoyen vivant depuis plus de trois ans, jamais reçu, jamais entendu, sans ouverture d’aucun dialogue, nous fait dire que quand on se prépare à créer une nouvelle structure de démocratie participative, il faut aussi croire en cette démocratie participative. Accepter le dialogue, écouter, discuter les propositions, construire une concertation, tenir compte de la contradiction, c’est ce que nous souhaitons voir se mettre en place au sein de ces nouveaux conseils citoyens. Mais il faudra aussi regarder au-delà de ces structures tout le reste. A Beaulieu, par exemple, du côté du collectif né de la douloureuse affaire des platanes où la mobilisation citoyenne est en train de naître porteuse d’une volonté qu’il faudra bien prendre en compte. Le CDR ne pourrait-il pas être le lieu d’une étude de la vie réelle des quartiers et des structures existantes en incluant aussi dans l’étude les communes de Grand Poitiers qui tentent elles aussi de se doter de structure de démocratie participative ?
Les élu-e-s Osons Poitiers ont voté pour cette délibération.
Conseil municipal du 7 mars 2016https://osonspoitiers.fr/conseil-municipal-du-7-mars-2016/https://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2016/03/conseil-municipal-de-poitiers-du-7-mars-2016_Osons-Poitiers-1024x576.jpghttps://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2016/03/conseil-municipal-de-poitiers-du-7-mars-2016_Osons-Poitiers-150x150.jpgSecretariatOzonsConseil municipalInterventions
Vie de quartier
Délibération n°7 (2015-0453) : Création des conseils citoyens.
Sur l’objectif général tel qu’il est énoncé par la loi, on ne peut qu’être d’accord. Qui irait contre le fait de « conforter les dynamiques citoyennes, de créer des espaces de propositions et d’initiatives ? » Cela fait partie...
<h1><a name="_Toc445908412"></a>Vie de quartier</h1>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2016/03/Délibération-n°7-2015-0453.pdf">Délibération n°7 (2015-0453)</a> : Création des conseils citoyens. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sur l’objectif général tel qu’il est énoncé par la loi, on ne peut qu’être d’accord. Qui irait contre le fait de « conforter les dynamiques citoyennes, de créer des espaces de propositions et d’initiatives ? » Cela fait partie de nos objectifs et cela rejoint notre vision de la démocratie dans la ville. Mais pour nous, la question est ailleurs : comment faire pour que ce dispositif, un de plus, ne soit pas qu’une coquille vide, ni, pire, ne serve d’alibi citoyen à des prises de décisions préalables, ce qui a trop souvent été le cas avec les conseils de quartier qui répondaient eux aussi à des objectifs législatifs qu’on ne pouvait qu’approuver.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est vrai qu’à Poitiers il y a une tradition de la démocratie participative qu’on peut faire remonter jusque dans les années 90. Et cela permet justement d’avoir des points de repère sinon de faire un bilan. Les situations sont diverses selon les quartiers : pour aller vite, il y a les formes les plus abouties de propositions et d’initiatives citoyennes, c’est ce qui a permis, par exemple, l’ouverture du centre de santé des Trois Cités à partir d’une mobilisation structurée de manière associative. On portait là un projet y compris en contradiction ou tout au moins en autonomie à côté du projet de rénovation du quartier. Nous sommes là avec un quartier qui a une histoire, une identité, dans lequel la solidarité et l’expression citoyenne trouvent à s’exprimer naturellement y compris dans le cadre institutionnel, dont la maison de quartier. Et puis, il y a les quartiers où ça se passe moins bien : si on regarde Poitiers Ouest, par exemple, l’actualité récente montre qu’on peine à se mettre d’accord sur l’utilisation du budget participatif, qu’on ne s’entend pas si bien que ça entre Comité de quartier et Conseil de quartier sur le projet commun de l’arbre citoyen et que la maison de quartier, en l’espèce, peine à jouer un rôle sur la démarche qui aurait peut-être permis de concilier plutôt que de confronter. On pourrait parler aussi de l’inquiétude exprimée récemment dans la presse du côté de la Gibauderie sur la représentativité d’un conseil de quartier qui intéresse peu et peine à mobiliser. Enfin, il faut regarder Beaulieu. La pénible affaire des platanes montre bien que la structure ne suffit pas à la mise en place d’une concertation, à la vie d’un dialogue. Le conseil de quartier se légitime en disant que tout citoyen est libre de participer, et que, s’il ne le fait pas, il accepte les décisions ; les citoyens en désaccord invoque le manque d’information sur la structure, l’absence de choix véritable qui y est proposé (c’est oui ou oui à une proposition préalable), voire sa confiscation par quelques-uns…</p>
<p style="text-align: justify;">On voit bien que si on veut vraiment atteindre l’objectif fixé et ne pas se contenter de l’habillage citoyen de sa politique, il faut affronter sans faux-fuyant un certain nombre de questions. D’abord, pourquoi supprimer les structures de mobilisation quand elles existent ? On regrette suffisamment l’absence d’engagement citoyen pour éviter de retrancher quand on peut ajouter. Donc pourquoi supprimer un conseil de quartier d’autant que son périmètre n’est pas le même que le périmètre de compétence du futur conseil citoyen ? Il faut chercher la cohérence, c’est vrai entre les structures quand elles sont multiples, mais n’est-ce pas un des rôles naturels d’une maison de quartier que de rapprocher, faire se connaître, faire dialoguer, faire émerger la diversité des propositions ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, sur la constitution des futurs conseils, nous ferons une première remarque sur la limitation du nombre de personnes concernées : nous préférons toujours le « ouvert à tous » au « ouvert à quelques-uns ». Pour le tirage au sort, nous dirons pourquoi pas ? Mais la vraie question est : comment susciter l’envie et le besoin de participer ? Là encore, le rôle des maisons de quartier est primordial… On ne peut pas non plus éviter certaines questions : dans quelles conditions précises sera organisé le tirage au sort et par qui ? Que sera cet « acte de candidature formalisé » ? S’agit-il d’un modèle unique pour toute la ville ? La même question se pose pour les « associations et acteurs locaux » (avant d’être volontaires, comment seront-ils informés, notamment les entreprises présentes sur le quartier) ? Comment envisage-t-on concrètement l’appui des
« ressources des maisons de quartier » ? S’agira-t-il d’une subvention aussi faible que pour les conseils de quartier (qui est je crois d’environ 400 € par an) ?</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, il faut interroger le dialogue lui-même. Si j’en reviens à l’affaire des platanes de Beaulieu, le conseil de quartier, le futur conseil citoyen, ne peut se contenter d’être le lieu où l’on vient expliquer une décision préalable, un lieu que l’on ferme lorsque la décision est contestée et que le citoyen annonce son intention de venir l’y contester comme ça a été le cas lors de la séance annulée à la suite de la manifestation du 15 février 2016. Si je change de contexte, il est intéressant de voir comment le Conseil de Développement Responsable (CDR) est mis en avant par la loi pour teinter de démocratie participative les futurs communautés urbaines et la manière dont il est traité localement lorsqu’il ne s’organise pas comme on le voudrait ou quand il remet un rapport et qu’on peine à en recevoir les auteurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Renouer le dialogue avec le citoyen me paraît être quelque chose d’important : c’est reconnaître toutes les mobilisations. Les arbres de Beaulieu nous rappellent furieusement le théâtre historique, affaire où la décision a complètement répondu à la logique de la démocratie représentative, décision en contradiction avec des engagements de campagne uniquement légitimée par le fait d’être aux responsabilités. La mobilisation de milliers de citoyens sur pétition, la mobilisation d’un collectif citoyen vivant depuis plus de trois ans, jamais reçu, jamais entendu, sans ouverture d’aucun dialogue, nous fait dire que quand on se prépare à créer une nouvelle structure de démocratie participative, il faut aussi croire en cette démocratie participative. Accepter le dialogue, écouter, discuter les propositions, construire une concertation, tenir compte de la contradiction, c’est ce que nous souhaitons voir se mettre en place au sein de ces nouveaux conseils citoyens. Mais il faudra aussi regarder au-delà de ces structures tout le reste. A Beaulieu, par exemple, du côté du collectif né de la douloureuse affaire des platanes où la mobilisation citoyenne est en train de naître porteuse d’une volonté qu’il faudra bien prendre en compte. Le CDR ne pourrait-il pas être le lieu d’une étude de la vie réelle des quartiers et des structures existantes en incluant aussi dans l’étude les communes de Grand Poitiers qui tentent elles aussi de se doter de structure de démocratie participative ?</p>
<em>Les élu-e-s Osons Poitiers ont voté pour cette délibération.</em>
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Osons Poitiers, écologique, sociale, solidaire et citoyenneRassemblement de Europe Ecologie Les Verts, du Parti de Gauche, de Ensemble et du Nouveau Parti Anticapitaliste issu des élections municipales de 2014 à Poitiershttps://osonspoitiers.fr2020