Postes d'enseignants à la rentrée scolaire

Postes d’enseignants à la rentrée scolaire

Délibération 51 (2015-0211) : Demande d’avis sur les mesures envisagées par l’Inspection académique pour la rentrée scolaire 2015-2016

Jacques : « Pour nous, il n’y a pourtant pas lieu de se réjouir. On ne peut pas partout, y compris quand on porte la très controversée réforme des collèges, s’appuyer sur l’absence de performance de l’école française et ne pas exprimer, par ailleurs, une véritable ambition pour elle, réclamer l’effort que la nation doit consentir pour elle.

Le directeur académique met en avant, cette année, la création d’une vingtaine de postes sur l’académie dont la grosse part reviendrait à la Vienne (9 postes) et permettrait de donner les moyens répondant aux besoins sur ce département. Pourtant, un petit calcul vite fait permet de constater très vite que la dotation est loin d’être aussi généreuse qu’il y paraît.

Niveau primaire, il faut faire face à une augmentation globale d’effectif (99 élèves : -53 maternelle, + 139 élémentaire). Sur les 9 postes supplémentaires, on en prélève 1 pour la coordination académique des réseaux d’éducation prioritaire, 0.75 pour le passage de la décharge de direction des écoles de plus de 9 classes de 1/4 à 1/3, et pour les décharges accordées aux enseignants enseignant en REP, 3.95 postes… ce qui ne laisse sur les 9 postes qu’un peu plus de 3 postes.

Si on résume, à effectif augmenté et pour faire face à l’intention annoncée de prioriser les dispositifs « moins de 3 ans » et plus de maîtres que de classes » alors qu’il faudrait une bonne dizaine de postes pour cette priorité, il n’en reste tout au plus que trois. Une fois de plus, malgré une dotation positive, comme aucune dotation supplémentaire n’a été allouée pour les nouvelles mesures et nouveaux dispositifs (REP, décharges, maîtres en plus…), notre département va se retrouver face à une augmentation du nombre d’élèves par classe alors que de nombreuses études continuent de confirmer, année après année, l’influence positive des petits effectifs sur les résultats.

Qu’en est-il de la situation sur Poitiers ? Pour l’accueil des moins de 3 ans, on note l’ouverture d’un poste à Daudet. Est-ce suffisant ? Nous disons que non, Manon le précisera après moi. Les syndicats pointent d’ailleurs le besoin d’’un poste supplémentaire à la maternelle Tony Lainé. Il faut ajouter que la scolarisation des enfants de moins de 3 ans n’a de sens qu’à effectifs réduits si l’on veut véritablement mettre en place un pallier efficace entre la petite enfance et l’école, en termes d’acquisitions pour lutter contre les inégalités…

Pour assurer des conditions d’effectifs satisfaisantes en primaire et élémentaire, on obtient deux postes, un sur Neruda, un sur Charles Perrault. Là encore les besoins constatés par les enseignants disent l’insuffisance : il faudrait augmenter la dotation de 3 postes en élémentaire (Andersen, Paul Bert, Paul Blet), de 1 (ou 2) poste en primaire (Breuil-Mingot et Perrault ? ).

Enfin, c’est sans compter cette nouvelle organisation des réseaux qui attachent l’éducation prioritaire à un collège (Jules Verne Buxerolles, et Ronsard) et pose la question de l’accompagnement des écoles qui continuent de répondre aux critères de l’éducation prioritaire sans en avoir désormais les moyens Education Nationale, comme Pagnol ou Mermoz. Le recteur dit qu’il faudra être attentif. Ce ne sont que des mots. Si je ne prends que l’exemple de Mermoz que je connais un peu, ce ne sont pas les mots qui font diminuer l’effectif des classes, ce ne sont pas les mots qui octroient le maitre en plus dont l’école a pu bénéficier un temps, juste le temps de s’apercevoir l’intérêt du dispositif pour travailler en groupe ; ce ne sont pas les mots qui réattribuent les moyens du rased disparu…

Manon : « Aujourd’hui plusieurs familles se retrouvent sans solution pour leurs enfants pour la rentrée de septembre. Il y a une réelle difficulté à inscrire un enfant qui aura 3 ans en décembre ou en début d’année. Ces enfants n’ont pas pu être inscrits dans les écoles et ne sont souvent plus acceptés dans les crèches à partir de 3 ans. Il faut rappeler, par ailleurs, qu’il n’y a plus d’aide de la CAF, à cet âge, pour le faire garder chez une assistante maternelle.

Sans solution pour la rentrée, ces parents devront donc faire un choix, soit payer une assistante maternelle sans aide (entre 700 et 800€ par mois) soit arrêter temporairement de travailler pour garder l’enfant, ce qui pénaliserait plutôt les femmes (salaires plus bas que les hommes).

Nous disons que tous les enfants, dès leur plus jeune âge doivent pouvoir être accueillis dans un service public,  gratuit, de la petite enfance. Des moyens conséquents doivent donc être donnés aux établissements, pour assurer un nombre de personnels suffisant et diminuer le nombre d’élèves par classe. Parallèlement, il faut supprimer le financement par les fonds publics de l’école privée.

L’école doit permettre l’apprentissage d’une vie en collectivité et d’un esprit critique. Une école qui respecte le rythme des enfants et qui repense la structure classe. L’école doit servir à l’émancipation des enfants et des jeunes à une vie de coopération avec les autres, de respect de la planète, de rejet des discriminations (racisme, sexisme, homophobie),  et échapper aux logiques de l’individualisme et de la compétition. Elle a besoin de moyens plus ambitieux pour cela ».

Les élu-es Osons Poitiers ont voté contre ce projet de délibération.

Délibération 51 (2015-0211)

Conseil municipal du 29 juin 2015https://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2015/06/DSCF9631-1024x768.jpghttps://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2015/06/DSCF9631-150x150.jpg SecretariatOzons Conseil municipalInterventions
Postes d'enseignants à la rentrée scolaire Délibération 51 (2015-0211) : Demande d'avis sur les mesures envisagées par l'Inspection académique pour la rentrée scolaire 2015-2016 Jacques : « Pour nous, il n’y a pourtant pas lieu de se réjouir. On ne peut pas partout, y compris quand on porte la très controversée réforme des collèges,...
<strong>Postes d'enseignants à la rentrée scolaire</strong></h1> <b>Délibération 51 (2015-0211) : Demande d'avis sur les mesures envisagées par l'Inspection académique pour la rentrée scolaire 2015-2016</b> Jacques : « Pour nous, il n’y a pourtant pas lieu de se réjouir. On ne peut pas partout, y compris quand on porte la très controversée réforme des collèges, s’appuyer sur l’absence de performance de l’école française et ne pas exprimer, par ailleurs, une véritable ambition pour elle, réclamer l’effort que la nation doit consentir pour elle. Le directeur académique met en avant, cette année, la création d’une vingtaine de postes sur l’académie dont la grosse part reviendrait à la Vienne (9 postes) et permettrait de donner les moyens répondant aux besoins sur ce département. Pourtant, un petit calcul vite fait permet de constater très vite que la dotation est loin d’être aussi généreuse qu’il y paraît. Niveau primaire, il faut faire face à une augmentation globale d’effectif (99 élèves : -53 maternelle, + 139 élémentaire). Sur les 9 postes supplémentaires, on en prélève 1 pour la coordination académique des réseaux d’éducation prioritaire, 0.75 pour le passage de la décharge de direction des écoles de plus de 9 classes de 1/4 à 1/3, et pour les décharges accordées aux enseignants enseignant en REP, 3.95 postes… ce qui ne laisse sur les 9 postes qu’un peu plus de 3 postes. Si on résume, à effectif augmenté et pour faire face à l’intention annoncée de prioriser les dispositifs « moins de 3 ans » et plus de maîtres que de classes » alors qu’il faudrait une bonne dizaine de postes pour cette priorité, il n’en reste tout au plus que trois. Une fois de plus, malgré une dotation positive, comme aucune dotation supplémentaire n’a été allouée pour les nouvelles mesures et nouveaux dispositifs (REP, décharges, maîtres en plus…), notre département va se retrouver face à une augmentation du nombre d’élèves par classe alors que de nombreuses études continuent de confirmer, année après année, l’influence positive des petits effectifs sur les résultats. Qu’en est-il de la situation sur Poitiers ? Pour l’accueil des moins de 3 ans, on note l’ouverture d’un poste à Daudet. Est-ce suffisant ? Nous disons que non, Manon le précisera après moi. Les syndicats pointent d’ailleurs le besoin d’’un poste supplémentaire à la maternelle Tony Lainé. Il faut ajouter que la scolarisation des enfants de moins de 3 ans n’a de sens qu’à effectifs réduits si l’on veut véritablement mettre en place un pallier efficace entre la petite enfance et l’école, en termes d’acquisitions pour lutter contre les inégalités… Pour assurer des conditions d’effectifs satisfaisantes en primaire et élémentaire, on obtient deux postes, un sur Neruda, un sur Charles Perrault. Là encore les besoins constatés par les enseignants disent l’insuffisance : il faudrait augmenter la dotation de 3 postes en élémentaire (Andersen, Paul Bert, Paul Blet), de 1 (ou 2) poste en primaire (Breuil-Mingot et Perrault ? ). Enfin, c’est sans compter cette nouvelle organisation des réseaux qui attachent l’éducation prioritaire à un collège (Jules Verne Buxerolles, et Ronsard) et pose la question de l’accompagnement des écoles qui continuent de répondre aux critères de l’éducation prioritaire sans en avoir désormais les moyens Education Nationale, comme Pagnol ou Mermoz. Le recteur dit qu’il faudra être attentif. Ce ne sont que des mots. Si je ne prends que l’exemple de Mermoz que je connais un peu, ce ne sont pas les mots qui font diminuer l’effectif des classes, ce ne sont pas les mots qui octroient le maitre en plus dont l’école a pu bénéficier un temps, juste le temps de s’apercevoir l’intérêt du dispositif pour travailler en groupe ; ce ne sont pas les mots qui réattribuent les moyens du rased disparu… Manon : « Aujourd'hui plusieurs familles se retrouvent sans solution pour leurs enfants pour la rentrée de septembre. Il y a une réelle difficulté à inscrire un enfant qui aura 3 ans en décembre ou en début d'année. Ces enfants n'ont pas pu être inscrits dans les écoles et ne sont souvent plus acceptés dans les crèches à partir de 3 ans. Il faut rappeler, par ailleurs, qu’il n’y a plus d'aide de la CAF, à cet âge, pour le faire garder chez une assistante maternelle. Sans solution pour la rentrée, ces parents devront donc faire un choix, soit payer une assistante maternelle sans aide (entre 700 et 800€ par mois) soit arrêter temporairement de travailler pour garder l'enfant, ce qui pénaliserait plutôt les femmes (salaires plus bas que les hommes). Nous disons que tous les enfants, dès leur plus jeune âge doivent pouvoir être accueillis dans un service public,  gratuit, de la petite enfance. Des moyens conséquents<b> </b>doivent donc être donnés aux établissements, pour assurer un nombre de personnels suffisant et diminuer le nombre d’élèves par classe. Parallèlement, il faut supprimer le financement par les fonds publics de l’école privée. L’école doit permettre l’apprentissage d’une vie en collectivité et d’un esprit critique. Une école qui respecte le rythme des enfants et qui repense la structure classe. L’école doit servir à l'émancipation des enfants et des jeunes à une vie de coopération avec les autres, de respect de la planète, de rejet des discriminations (racisme, sexisme, homophobie),  et échapper aux logiques de l’individualisme et de la compétition. Elle a besoin de moyens plus ambitieux pour cela ».<i> </i> <em>Les élu-es Osons Poitiers ont voté contre ce projet de délibération.</em> <a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2015/06/2015-0211.pdf">Délibération 51 (2015-0211)</a> <h1>