Rassemblement de Europe Ecologie Les Verts, du Parti de Gauche, de Ensemble et du Nouveau Parti Anticapitaliste issu des élections municipales de 2014 à Poitiers
En premier lieu, bien entendu, nous condamnons évidemment les attentats. Il semblerait que nous ayons besoin de le rappeler. Non seulement cela ne nous fait pas rire, comme vous nous l’avez dit en conseil municipal mais nous prenons au sérieux la menace terroriste qui est bien réelle.
Cependant, nous sommes en profond désaccord politique sur ce qui est proposé ici.
La circulaire devrait s’appeler « prévention ou lutte contre le terrorisme » plutôt que « prévention de la radicalisation ».
LA CIRCULAIRE :
Nous sommes invités à faire l’amalgame entre radicalisation et terrorisme.
La définition de la radicalisation de Farhad Khosrokhavar qui sert de base à la circulaire est surprenante. Tout d’abord l’ordre des mots « idéologie extrémiste à contenu politique, social ou religieux qui conteste l’ordre établi sur le plan politique, social ou culturel. »
Il est étonnant que le caractère religieux soit mentionné à la fin dans la liste et qu’en premier on trouve politique et social. Les derniers attentats ont été revendiqués par Daesh et des groupes religieux.
On peut penser que la dérive possible de l’application de cette circulaire pourra être non seulement de lutter contre les extrémistes religieux, mais également de régler ses comptes avec des mouvements sociaux tout à fait légaux, légitimes et non violents.
La CGT sommée de ne pas manifester par le Premier Ministre, les mouvements contre la loi travail : tout cela peut être visé par cette circulaire et justifier par exemple les perquisitions de militants syndicaux, politiques « de gauche » ou écologistes qui ont le malheur ET de remettre en cause les politiques du gouvernement ET de s’opposer (depuis toujours) aux extrémismes religieux.
La radicalisation peut porter sur des refus d’un système, sur l’opposition à un projet, à une loi, les ZAD, les zones à défendre sont des exemples de luttes ou d’opposition que certains qualifient de radicalisation. Et de fait, la mort de Rémi Fraisse est là pour nous rappeler que la violence n’est pas que du côté des opposants à un projet. Le conseil d’État a rappelé à cet égard la mise en cause de la hiérarchie policière qui a mis en œuvre des moyens totalement disproportionnés pour sauvegarder deux cabanes de chantiers.
Si nous devions suspecter ou condamner pour extrémisme tous ceux qui « contestent l’ordre établi », cela ferait du monde. Quand les féministes ont demandé le droit à la contraception et l’avortement, c’était contester l’ordre établi qui à l’époque refusait cela par exemple.
Comme le dit le chanteur humoriste Didier Super au sujet de l’État d’urgence « quand c’est les djihadistes qui foutent le bordel à Paris, c’est les écologistes qui vont en taule ».
L’ÉTAT D’URGENCE : LA MISE EN ŒUVRE D’UNE POLITIQUE FONDEE SUR LA PEUR
Insidieusement notre société glisse vers le sécuritaire. Je vais m’appuyer sur le livre L’Exercice de la peur de Patrick Boucheron, historien du Moyen Âge, récemment élu au Collège de France, et un autre spécialiste de science politique, l’américain Corey Robin pour illustrer mon propos.
La peur que les attentats ont suscité, la peur plus diffuse que les migrations entraînent chez une population fragilisée par les difficultés économiques et sociales, la peur de l’extrémisme, enfin, chez tous ceux qui croient encore que la démocratie et la République constituent le meilleur moyen de vivre en paix avec les autres et avec soi-même. Cette peur est constitutive de l’autorité politique. La question n’est pas tant de savoir si la peur est utilisée, mais comment, et dans quel but.
« Avoir peur, c’est se préparer à obéir », énonce Patrick Boucheron, reprenant Hobbes. Et c’est la raison pour laquelle la peur est un outil si aisé à mobiliser pour des politiques requérant une adhésion aveugle.
En politique, la peur est avant tout instrumentalisée, utilisée à des fins qu’il faut sans cesse décrypter. Quand des dirigeants nous disent « Ayez peur, nous nous occupons du reste », Patrick Boucheron en appelle à la « vigilance », en tant qu’historien, mais surtout en tant que citoyen.
La peur peut être salutaire : elle est salutaire quand on se demande si on a raison d’avoir peur et si les gouvernants ont raison de nous désigner l’objet de nos effrois. Patrick Boucheron plaide ainsi pour une « administration de la peur », qui fasse en sorte que la peur ne soit pas paralysante, mais au contraire active et féconde en vigilance politique.
Il s’agit finalement de ne jamais considérer une politique issue de la peur comme « naturelle » ou « normale ». Le prisme du politique et de la société transforme une émotion individuelle en une émotion collective, si tant est que cette expression ait seulement un sens. Il la transforme en un appareil institutionnel, administratif et législatif, extérieur aux individus. Le renforcement des mécanismes de contrôle, des procédures d’exception, les discours de prudence et d’incitation à être « attentifs ensemble », tout cela ne va pas de soi et doit sans cesse être questionné.
Pourtant, être libre, ne signifie pas l’absence de peur. L’exercice moralement salutaire de la peur, c’est finalement la vigilance. Celle-ci ne consiste pas à contrôler les sacs et vérifier les comportements suspects. La vigilance que nous devons avoir, et qu’un bon gouvernement devrait toujours pouvoir nous inspirer, est par-dessus tout une acuité du regard à cultiver. C’est la capacité de libre-arbitre que nous devons toujours exercer face à des institutions qui demandent notre obéissance. Pour Patrick Boucheron, « la République perd pied dès lors qu’elle ne se comprend plus comme un équilibre pacifié entre les différentes peurs qui la divisent ».
A la lumière de ce qui vient d’être dit sur cette peur et les dérives qu’elle engendre tel que l’État d’Urgence ou cette circulaire de lutte contre la radicalisation à l’origine de ce plan d’action qui nous est présenté ce soir, nous avons donc une autre lecture du terrorisme.
LE RENSEIGNEMENT, L’ÉDUCATION, LA JUSTICE SOCIALE : RÔLE DE L’ÉTAT
La première faille se trouve du côté des services de renseignement. En effet, le premier échelon pour lutter contre les djihadistes, c’est de mener une politique de renseignements et de coopération internationale digne de ce nom. Mais, comme le Canard enchaîné l’évoque régulièrement, il y a un grand manque de coordination des services de renseignements.
L’autre piste se trouve du côté de l’éducation et de la prévention. Si l’on examine les actions qui sont proposées dans ce plan comme étant des actions visant à prévenir le terrorisme, nous sommes sceptiques sur les moyens employés. Il est question dans les actions énumérées de partage d’information, de partage nécessaire entre travailleurs sociaux et forces de police pour faire cette prévention primaire. Les travailleurs sociaux peuvent être conduits à remettre en cause le secret professionnel dont ils bénéficient aujourd’hui. La loi sur le renseignement ne les protège plus alors que les médecins et les journalistes ont conservé ce droit.
Les services sociaux sont amenés à s’interroger : des signaux faibles qui apparaissaient comme le signe d’une vulnérabilité pourraient être interprétés comme les prémisses d’une radicalisation. Il ne faut pas confondre un jeune en danger et un jeune dangereux.
Le diagnostic de la radicalisation tel qu’il nous a été oralement et synthétiquement restitué lors du rendez-vous individuel nous donne à penser que des actions sont nécessaires.
En effet, l’éducation des jeunes à l’utilisation des réseaux sociaux est essentielle mais cela devrait se faire dans le cadre de l’Éducation Nationale et non dans celui de la lutte contre le terrorisme.
Le travail doit être fait en amont, en prévention. Non pas en prévention primaire mais en prévention tout court. La prévention c’est mettre en œuvre une société dans laquelle chacun à sa place et se sent acteur de cette société.
Nous pensons que la précarité, l’absence d’espoir d’un avenir heureux, les injustices sociales, la remise en cause de la confiance envers les décideurs, tout cela entraine une vulnérabilité à des discours incitateurs au terrorisme et à l’endoctrinement.
Par ailleurs, nous ne savons pas si Grand Poitiers se pose en bon élève et si toutes les collectivités ont adopté ces plans.
Les mesures les plus efficaces consisteraient à mettre le paquet sur les moyens humains comme des médiateurs, des éducateurs, des gardiens d’immeubles, sur l’éducation, sur la culture accessible, sur la recherche permanente d’équité. Plutôt que de la vidéosurveillance : du dialogue, de l’écoute et surtout mettre en œuvre une politique de solidarité et de sécurité sociale qui repose sur l’emploi, sur l’éducation, sur l’égalité de tous les citoyens, sur l’accueil des migrants, sur la proximité … .
Et enfin ce plan est annexé au contrat de ville, cela voudrait dire que les jeunes ou les moins jeunes pouvant basculer vers le terrorisme sont en ville et dans les quartiers qualifiés de difficile. Or tout le monde sait aujourd’hui qu’il y a autant de risques en campagne, en milieu périurbain ou en milieu urbain de sombrer dans cette dérive.
En résumé, nous ne voulons pas confondre radicalisation et terrorisme, et nous ne voulons pas vivre dans une société qui utilise la peur comme moyen d’obéissance ou de soumission à l’ordre établi. La prévention de la tentation du terrorisme passe avant tout par une société dans laquelle la justice sociale est réelle.
Ce n’est pas une bonne réponse qui nous est proposé ici. Nous voterons contre cette délibération.
Les élu(e)s Osons Poitiers ont voté contre cette délibération.
Conseil communautaire du 9 décembre 2016https://osonspoitiers.fr/conseil-communautaire-du-9-decembre-2016/https://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2016/12/C.Fraysse-J.Arfeuillère-au-Conseil-du-9-décembre-2016.jpghttps://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2016/12/C.Fraysse-J.Arfeuillère-au-Conseil-du-9-décembre-2016.jpgSecretariatOzonsConseil communautaire
Plan de prévention de la radicalisation
Délibération n°76 (2016-0515) : Plan d'actions de prévention de la radicalisation annexé au Contrat de ville
En premier lieu, bien entendu, nous condamnons évidemment les attentats. Il semblerait que nous ayons besoin de le rappeler. Non seulement cela ne nous fait pas rire, comme vous...
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<h1><a name="_Toc469643520"></a>Plan de prévention de la radicalisation</h1>
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2016/12/Délibération-n°76.pdf">Délibération n°76 (2016-0515) : Plan d'actions de prévention de la radicalisation annexé au Contrat de ville</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En premier lieu, bien entendu, nous condamnons évidemment les attentats. Il semblerait que nous ayons besoin de le rappeler. Non seulement cela ne nous fait pas rire, comme vous nous l’avez dit en conseil municipal mais nous prenons au sérieux la menace terroriste qui est bien réelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, nous sommes en profond désaccord politique sur ce qui est proposé ici.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La <a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2016/12/Délibération-n°76_Prévention-radicalisation_Note-dinstruction-premier-ministre-du-13-mai-2016_circulaire_40895.pdf">circulaire</a> devrait s'appeler « prévention ou lutte contre le terrorisme » plutôt que « prévention de la radicalisation ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">LA CIRCULAIRE :</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes invités à faire l’amalgame entre radicalisation et terrorisme.</p>
<p style="text-align: justify;">La définition de la radicalisation de Farhad Khosrokhavar qui sert de base à la circulaire est surprenante. Tout d'abord l'ordre des mots « idéologie extrémiste à contenu politique, social ou religieux qui conteste l’ordre établi sur le plan politique, social ou culturel. »</p>
<p style="text-align: justify;">Il est étonnant que le caractère religieux soit mentionné à la fin dans la liste et qu'en premier on trouve politique et social. Les derniers attentats ont été revendiqués par Daesh et des groupes religieux.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut penser que la dérive possible de l’application de cette circulaire pourra être non seulement de lutter contre les extrémistes religieux, mais également de régler ses comptes avec des mouvements sociaux tout à fait légaux, légitimes et non violents.</p>
<p style="text-align: justify;">La CGT sommée de ne pas manifester par le Premier Ministre, les mouvements contre la loi travail : tout cela peut être visé par cette circulaire et justifier par exemple les perquisitions de militants syndicaux, politiques "de gauche" ou écologistes qui ont le malheur ET de remettre en cause les politiques du gouvernement ET de s'opposer (depuis toujours) aux extrémismes religieux.</p>
<p style="text-align: justify;">La radicalisation peut porter sur des refus d’un système, sur l’opposition à un projet, à une loi, les ZAD, les zones à défendre sont des exemples de luttes ou d’opposition que certains qualifient de radicalisation. Et de fait, la mort de Rémi Fraisse est là pour nous rappeler que la violence n’est pas que du côté des opposants à un projet. Le conseil d’État a rappelé à cet égard la mise en cause de la hiérarchie policière qui a mis en œuvre des moyens totalement disproportionnés pour sauvegarder deux cabanes de chantiers.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Si nous devions suspecter ou condamner pour extrémisme tous ceux qui "contestent l'ordre établi", cela ferait du monde. Quand les féministes ont demandé le droit à la contraception et l'avortement, c'était contester l'ordre établi qui à l'époque refusait cela par exemple.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme le dit le chanteur humoriste Didier Super au sujet de l'État d'urgence « quand c'est les djihadistes qui foutent le bordel à Paris, c'est les écologistes qui vont en taule ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’ÉTAT D’URGENCE : LA MISE EN ŒUVRE D’UNE POLITIQUE FONDEE SUR LA PEUR</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Insidieusement notre société glisse vers le sécuritaire. </strong><strong>Je vais m’appuyer sur le livre </strong><strong><em>L’Exercice de la peur </em></strong><strong> de Patrick Boucheron, historien du Moyen Âge, récemment élu au Collège de France, et un autre spécialiste de science politique, l’américain Corey Robin pour illustrer mon propos.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La peur que les attentats ont suscité, la peur plus diffuse que les migrations entraînent chez une population fragilisée par les difficultés économiques et sociales, la peur de l’extrémisme, enfin, chez tous ceux qui croient encore que la démocratie et la République constituent le meilleur moyen de vivre en paix avec les autres et avec soi-même. <strong>Cette peur est constitutive de l’autorité politique.</strong> La question n’est pas tant de savoir si la peur est utilisée, mais comment, et dans quel but.</p>
<p style="text-align: justify;">« Avoir peur, c’est se préparer à obéir », énonce Patrick Boucheron, reprenant Hobbes. Et c’est la raison pour laquelle la peur est un outil si aisé à mobiliser pour des politiques requérant une adhésion aveugle.</p>
<p style="text-align: justify;">En politique, la peur est avant tout instrumentalisée, utilisée à des fins qu’il faut sans cesse décrypter. Quand des dirigeants nous disent « Ayez peur, nous nous occupons du reste », Patrick Boucheron en appelle à la « vigilance », en tant qu’historien, mais surtout en tant que citoyen.</p>
<p style="text-align: justify;">La peur peut être salutaire : elle est salutaire quand on se demande si on a raison d’avoir peur et si les gouvernants ont raison de nous désigner l’objet de nos effrois. Patrick Boucheron plaide ainsi pour une « administration de la peur », qui fasse en sorte que la peur ne soit pas paralysante, mais au contraire active et féconde en vigilance politique.</p>
<p style="text-align: justify;">Il s’agit finalement de ne jamais considérer une politique issue de la peur comme « naturelle » ou « normale ». Le prisme du politique et de la société transforme une émotion individuelle en une émotion collective, si tant est que cette expression ait seulement un sens. Il la transforme en un appareil institutionnel, administratif et législatif, extérieur aux individus. Le renforcement des mécanismes de contrôle, des procédures d’exception, les discours de prudence et d’incitation à être « attentifs ensemble », tout cela ne va pas de soi et doit sans cesse être questionné.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, être libre, ne signifie pas l’absence de peur. L’exercice moralement salutaire de la peur, c’est finalement la vigilance. Celle-ci ne consiste pas à contrôler les sacs et vérifier les comportements suspects. La vigilance que nous devons avoir, et qu’un bon gouvernement devrait toujours pouvoir nous inspirer, est par-dessus tout une acuité du regard à cultiver. C’est la capacité de libre-arbitre que nous devons toujours exercer face à des institutions qui demandent notre obéissance. Pour Patrick Boucheron, « la République perd pied dès lors qu’elle ne se comprend plus comme un équilibre pacifié entre les différentes peurs qui la divisent ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A la lumière de ce qui vient d’être dit sur cette peur et les dérives qu’elle engendre tel que l’État d’Urgence ou cette circulaire de lutte contre la radicalisation à l’origine de ce plan d’action qui nous est présenté ce soir, nous avons donc une autre lecture du terrorisme. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">LE RENSEIGNEMENT, L’ÉDUCATION, LA JUSTICE SOCIALE : RÔLE DE L’ÉTAT</p>
<p style="text-align: justify;">La première faille se trouve du côté des services de renseignement. En effet, le premier échelon pour lutter contre les djihadistes, c’est de mener une politique de renseignements et de coopération internationale digne de ce nom. Mais, comme le Canard enchaîné l’évoque régulièrement, il y a un grand manque de coordination des services de renseignements.</p>
<p style="text-align: justify;">L’autre piste se trouve du côté de l’éducation et de la prévention. Si l’on examine les actions qui sont proposées dans ce plan comme étant des actions visant à prévenir le terrorisme, nous sommes sceptiques sur les moyens employés. Il est question dans les actions énumérées de partage d’information, de partage nécessaire entre travailleurs sociaux et forces de police pour faire cette prévention primaire. Les travailleurs sociaux peuvent être conduits à remettre en cause le secret professionnel dont ils bénéficient aujourd’hui. La loi sur le renseignement ne les protège plus alors que les médecins et les journalistes ont conservé ce droit.</p>
<p style="text-align: justify;">Les services sociaux sont amenés à s’interroger : des signaux faibles qui apparaissaient comme le signe d’une vulnérabilité pourraient être interprétés comme les prémisses d’une radicalisation. Il ne faut pas confondre un jeune en danger et un jeune dangereux.</p>
<p style="text-align: justify;">Le diagnostic de la radicalisation tel qu’il nous a été oralement et synthétiquement restitué lors du rendez-vous individuel nous donne à penser que des actions sont nécessaires.</p>
<p style="text-align: justify;">En effet, l’éducation des jeunes à l’utilisation des réseaux sociaux est essentielle mais cela devrait se faire dans le cadre de l’Éducation Nationale et non dans celui de la lutte contre le terrorisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Le travail doit être fait en amont, en prévention. Non pas en prévention primaire mais en prévention tout court. La prévention c’est mettre en œuvre une société dans laquelle chacun à sa place et se sent acteur de cette société.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Nous pensons que la précarité, l’absence d’espoir d’un avenir heureux, les injustices sociales, la remise en cause de la confiance envers les décideurs, tout cela entraine une vulnérabilité à des discours incitateurs au terrorisme et à l’endoctrinement.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, nous ne savons pas si Grand Poitiers se pose en bon élève et si toutes les collectivités ont adopté ces plans.</p>
<p style="text-align: justify;">Les mesures les plus efficaces consisteraient à mettre le paquet sur les moyens humains comme des médiateurs, des éducateurs, des gardiens d’immeubles, sur l’éducation, sur la culture accessible, sur la recherche permanente d’équité. Plutôt que de la vidéosurveillance : du dialogue, de l’écoute et surtout mettre en œuvre une politique de solidarité et de sécurité sociale qui repose sur l’emploi, sur l’éducation, sur l’égalité de tous les citoyens, sur l’accueil des migrants, sur la proximité … .</p>
<p style="text-align: justify;">Et enfin ce plan est annexé au contrat de ville, cela voudrait dire que les jeunes ou les moins jeunes pouvant basculer vers le terrorisme sont en ville et dans les quartiers qualifiés de difficile. Or tout le monde sait aujourd’hui qu’il y a autant de risques en campagne, en milieu périurbain ou en milieu urbain de sombrer dans cette dérive.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>En résumé, nous ne voulons pas confondre radicalisation et terrorisme, et nous ne voulons pas vivre dans une société qui utilise la peur comme moyen d’obéissance ou de soumission à l’ordre établi. La prévention de la tentation du terrorisme passe avant tout par une société dans laquelle la justice sociale est réelle. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce n’est pas une bonne réponse qui nous est proposé ici. Nous voterons contre cette délibération.</p>
<em>Les élu(e)s Osons Poitiers ont voté contre cette délibération.
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Osons Poitiers, écologique, sociale, solidaire et citoyenneRassemblement de Europe Ecologie Les Verts, du Parti de Gauche, de Ensemble et du Nouveau Parti Anticapitaliste issu des élections municipales de 2014 à Poitiershttps://osonspoitiers.fr2020